Dunois le bâtard d’Orléans au cœur de l’Histoire

Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans CULTURE

Franck Ferrand - Marie Etchegoyen - Capa Pictures - Europe 1

Vendredi 12 janvier, Franck Ferrand consacrera son émission « Au cœur de l’Histoire », sur la radio Europe 1, à Jean de Dunois. Il plonge en pleine Guerre de Cent ans. Alors que la maison d'Orléans est plus que jamais menacée par les Bourguignons et les Anglais, le jeune « bâtard d'Orléans » en assure, de facto, seul sa défense. Ses dirigeants légitimes en captivité, c'est sur les jeunes épaules de cet enfant illégitime - fils du duc d'Orléans et neveu du roi Charles VI - que repose l'honneur de la maison d'Orléans.

 

Compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, brillant chef militaire et fin diplomate, le « bâtard d'Orléans » ne cesse de s'illustrer sur le champ de bataille et d'accumuler les succès par les armes, si bien que le roi lui donnera le titre de « Restaurateur de la Patrie ». 

Avec son invité Xavier Hélary, Franck Ferrand revient sur la carrière époustouflante d'un héros français que l'on connait désormais sous le nom de Jean de Dunois. 

Europe 1 / Émission Au Cœur de l'Histoire consacrée à Jean de Dunois , vendredi 12 janvier 2018

 

Dunois, dit « le bâtard d’Orléans »

Jean d'Orléans, comte de Dunois et Mortain, dit Dunois ou « le bâtard d'Orléans », est un noble et un militaire français né en février 1403 et mort le 24 novembre 1468 au château de Lay, près de Paris. Fils naturel de Louis Ier d'Orléans, le bâtard d'Orléans s'engage dans les rangs des Armagnacs et prend parti pour le roi Charles VII. Il s’est fait surnommer le bâtard car il est le fils illégitime du duc d’Orléans et de Mariette d’Enghien. La pucelle le nommait « mon beau bâtard ».

Lors du siège d'Orléans (1428-1429), en l'absence de ses deux demi-frères, le duc Charles d'Orléans et le comte Jean d'Angoulême, retenus prisonniers des Anglais, Jean le bâtard devient le chef militaire de la maison d'Orléans, rameau de la dynastie royale des Valois. Il s'illustre ainsi en tant que compagnon d'armes de Jeanne d'Arc. Jean d'Orléans obtient par la suite les comtés de Dunois et de Longueville, respectivement en 1439 et 1443. Il demeure connu comme l'un des chefs militaires de la guerre de Cent Ans.

Dunois a notamment livré bataille à Orléans, Jargeau, près de Patay... De 2000 à 2004, le son et lumière de Cléry-Saint-André évoque la formidable épopée d’un compagnon de Jeanne d’Arc. Les spectateurs revivent la fin de la Guerre de Cent ans et la reconstruction du Royaume. Jean de Dunois, distingué « restaurateur de la patrie », est enterré à la basilique de Cléry-Saint-André.


Les seigneurs de Beaugency

Après le château de Villiers, dans l’Essonne, Xavier Lelevé acquiert via sa société civile immobilière celui de Meung-sur-Loire 2010. « La chapelle néo classique c’est lunaire. Je n’ai jamais vu ça ailleurs, constate-t-il. Il témoigne d’une société, les bains, la façade arrière, c’est aussi étrange que passionnant. » Après avoir insufflé un nouveau dynamisme dont toute la ville bénéficie par ricochet, il s’est positionné sur le rachat du château de Beaugency en 2013, alors détenu par le conseil général du Loiret. Après une période de travaux, ce logis seigneurial a enfin rouvert ses portes fin 2014 après une décennie d’oubli.

« On avait déjà beaucoup à construire à Meung-sur-Loire, mais Beaugency offrait une meilleure visibilité, analyse Xavier Lelevé. C’est dingue d’avoir deux châteaux à vendre en moins de 5 ans, en bord de Loire, à moins de 10 km de distance. Ça se tente ! 800 ans d’histoire, 600 ans à Beaugency, reprend-il. Si on laisse tomber ça... » La passion parle : « Un tel investissement à Meung, ce sera forcément à perte », affirme-t-il.

Mais, ensemble, il y a quelque chose à gagner : « Le territoire Beaugency - Meung - Cléry est un atout touristique avec la collégiale, la basilique, les jardins... Il donne un sens très fort aux touristes attirés par la nature, la Loire sauvage, le patrimoine, les produits de la terre, le Made in Loire »...

31 000 visiteurs sont  venus à Meung l’an dernier, et 20 000 à Beaugency. Un pass permet de découvrir les deux châteaux. Un passeport offre aussi des entrées et remises sur tout le territoire, « un territoire qui se crée plus vite sur le terrain qu’au niveau administratif », juge-t-il. Xavier Lelevé estime « l’offre actuelle en inadéquation avec notre mode de vie. Les quinquagénaires sont modernes, bougent, consomment, il faut les capter. Il y a un gros problème d’accueil alors que le client est devenu très exigeant. »

Et d’appeler de ses vœux la création d’une association qui rassemblerait les trois offices de tourisme de Beaugency, Meung et Cléry, un meilleur maillage des acteurs locaux du tourisme « pour s’adapter à un monde nouveau », des campagnes marketing pour soutenir le commerce des centre-bourg, une offre de visite globale, de visite, de restauration et d’hébergement.

À Meung, combien d’emplois peuvent être induits dans la restauration par exemple (ouverture des Petits instants et de l’Atelier de Jeanne à proximité) par le développement de la Loire à vélo et du château ? La rénovation des deux bâtiments a impliqué des entreprises du Loiret, comme Roc ou Lagarde, des artisans de Beaugency, Baule ou Meung, des tailleurs de pierre, des couvreurs... Elle représente environ 2 millions d’euros de travaux.

Aujourd’hui, le château de Beaugency propose une approche ludique et précise de la vie du moyen-âge. Les reconstitutions se basent sur de nombreux textes sur Dunois comme son « Livre d’heures », des témoignages permettant de retracer les travaux entrepris au fil du temps, les commandes de pierres ou de charpentes... On y trouve des meubles typiques comme les coffres, des tissus et des vêtements, des tables et miroirs, un baquet dans la chambre du seigneur, dans le respect des fonctions originelles des pièces. On y découvre la recette du hérisson ou la façon de se blanchir les dents avec de l’os broyé...

En se plongeant dans l’histoire de ce lieu, Xavier Lelevé a rencontré Jean d’Orléans, comte de Dunois : « Là, on est de plus en plus touché par ce personnage, reconnaît-il. Ce n’est pas un « barbu comme Xaintrailles. Dunois est déjà un lettré. » Il possédait de nombreux livres, annonciateur de la Renaissance. « C’est un homme profondément pieu, qui compte de nombreux fidèles autour de lui. Un personnage clef de la reconquête impulsée par Jeanne d’Arc, un grand guerrier, un diplomate important auprès de l’Italie ou de la Bretagne. »

« On vient voir ici un logis seigneurial du 15e siècle, promet Xavier Lelevé. On n’a pas l’ambition de faire aimer Dunois, mais de le faire connaître. Que l’on comprenne pourquoi une place, un collège ou une entreprise portent son nom dans l’Orléanais. On est au cœur de l’histoire de France. » Juste à côté, l’imposant donjon de l’an mille, actuellement propriété de l’État, pourrait judicieusement compléter un ensemble extraordinaire et prometteur, avec le château et l’abbatiale.

Olivier Rigaud

www.chateau-de-beaugency.com


Les Heures de Dunois

Il s’agit d’un livre d'heures à l'usage de Paris, enluminé en France vers 1436-1450 pour Jean de Dunois. Il est actuellement conservé à la British Library sous la cote Yates Thompson 3.

Ce manuscrit a probablement été commandé par Jean de Dunois, après que celui-ci a libéré Paris des troupes anglaises en 1436. Par la suite, le roi Louis XII, fils de son demi-frère Charles d'Orléans, hérite du manuscrit. Une inscription remontant au XVIe siècle indique « Heures de Louis XII. Lors'quil etoit Duc D'Orleans ».

Ce livre d'heures contient un calendrier décoré de douze petites miniatures des travaux quotidiens en bas de page accompagnées de douze signes du zodiaque dans les marges. Se trouvent ensuite soixante miniatures pleines pages, accompagnées d'une grande lettrines et de décorations de marges parfois agrémentées d'une scène. Toutes les pages sont décorées de végétaux dans les marges et de nombreuses lettrines ornées.


Le Carillon de Vendôme

Le Carillon de Vendôme est une comptine française du XVe siècle, en forme de canon. Elle tient son nom du carillon (ensemble de cloches pris comme instrument de musique), et de la ville de Vendôme. Cette chanson a été créée dans le Royaume de France pour décrire les dernières possessions du Dauphin Charles en 1420. Au XVe siècle, dans le cadre de la guerre de Cent Ans, le Dauphin Charles, après avoir été déshérité à la suite du traité de Troyes signé en 1420, se retrouve en possession des villes d'Orléans, Beaugency, Cléry, Vendôme et Bourges.

« Mes amis, que reste-t-il ?

À ce Dauphin si gentil ?

Orléans, Beaugency,

Notre-Dame de Cléry,

Vendôme, Vendôme !

Les ennemis ont tout pris

Ne lui laissant par mépris

Qu'Orléans, Beaugency,

Notre-Dame de Cléry,

Vendôme, Vendôme ! »

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