Jérôme Zonder expose à Chambord

Écrit par Rédaction Terres de Loire. Publié dans CULTURE

Du 10 juin au 30 septembre, Chambord accueille l’un des meilleurs dessinateurs d'aujourd'hui : Jérôme Zonder. Le projet de l’exposition consiste, dans un lieu qui célèbrera très bientôt son 500ème anniversaire, à interroger la question lancinante de la mémoire et de la trace, selon une visée croisant l’anthropologie, l’éthique et le politique.

Jérôme Zonder impose sa virtuosité et son intelligence critique par le truchement de dessins réalistes ou plus suggestifs, employant le fusain, la mine de plomb ou le travail à l’empreinte. S’il restreint volontairement et exclusivement sa pratique au dessin, c’est pour reprendre la main, au sens propre comme au sens figuré, face au flot d’images numériques qui nous débordent constamment : le travail qu’il produit à partir de ces images réintroduit une dimension à la fois organique et temporelle qui les transforme, et les soumet à un retour critique.

Essentiellement fondée sur notre rapport à l’Histoire, l’œuvre de Jérôme Zonder sera chez elle à Chambord, dans ce lieu du patrimoine superposant les couches temporelles. Saisi par l’artiste comme un véritable corps historique, dont le fameux escalier serait la colonne vertébrale, le château accueillera dans l’exposition des superpositions de temporalités, comme autant de sédiments questionnant la mémoire collective.

Avec plus de 130 œuvres, dont près de la moitié produite pour l’occasion, l’exposition montrera notamment une forêt de 30 mètres courant sur les murs, sur laquelle seront accrochés les « fruits de l’histoire », 89 dessins au format identique et normatif (24 x 32), issus de collections privées, qui formeront comme une narration en accéléré de l’espèce, de l’empreinte rupestre à la greffe bionique opérée en 2014 sur un soldat américain. A cet ensemble s’ajouteront une galerie de portraits de « blessés », révélant autant d’accidents de l’histoire, mais également des foules de mains sur de très grands formats, hésitant entre révérence et idolâtrie, tendresse du contact et hystérie collective…

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