L’Opéra bus : un rêve baroque à partager - « Donner des clefs »

Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans CULTURE

 

« Donner des clefs »

« Nous voulons inciter les gens à aller plus loin, expose Florence Bolton. Il faut jeter des ponts ! Si on sensibilise 1 ou 2 personnes à chaque fois, ce sont autant de graines semées à notre échelle pour faire évoluer les esprits. » Benjamin Perrot ajoute que « la culture permet de se construire individuellement et collectivement, c’est du lien social, du rapport humain. » Et d’insister sur « les valeurs de fond de la culture : c’est l’histoire et l’identité d’un pays, un patrimoine à partager que les gens doivent se réapproprier. »

Cet effort de décloisonnement, pour « lutter contre l’idée selon laquelle il faut être cultivé » pour ressentir des émotions, La Rêveuse le produit depuis ses débuts. L’ensemble est intervenu par exemple auprès d’écoliers du quartier d’Orléans - La Source, projetant des tableaux en classe, évoquant la représentation, la symbolique des instruments et la place de la musique dans la société. « Des gamins dont les parents maîtrisaient parfois mal le français ont ensuite entraîné leur famille au musée ! », se réjouit Florence Bolton.

« Les artistes doivent consacrer une partie de leur temps à cette approche », affirme-t-elle. Les deux musiciens ont la même volonté de « donner des clefs », afin « que les gens comprennent mieux comment cette musique peut toujours émouvoir. » Benjamin Perrot se souvient encore des premières écoutes des arts florissants, cette musique baroque que ses parents mélomanes passaient entre deux albums de jazz : « J’entendais quelque chose de vivant et spontané, sans comprendre ce qui produisait cet effet. Puis, j’ai découvert qu’il y avait une grande part d’improvisation dans les basses continues (théorbe, luth), avec des interprétations très personnelles et parlantes. »

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