L’Opéra bus : un rêve baroque à partager - « C’est du spectacle vivant »

Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans CULTURE

 

« C’est du spectacle vivant »

« Quand on lit une partition baroque, reprend-il, on voit qu’elle accorde une grande responsabilité au musicien », une liberté presque jazzy qui a immédiatement séduit celui qui débutait alors à la guitare. Il voit dans les valeurs rythmiques du 17e siècle, au-delà les croches noires et blanches, autant de fenêtres ouvertes sur un monde à explorer : « J’invite les jeunes en cours à chanter ces partitions, à amener leur imaginaire », témoigne également Florence Bolton.

Ils voient dans ce style musical un parallèle avec le théâtre, avec Molière qui, hors quelques didascalies, laisse aux comédiens et aux metteurs en scène une marge de manœuvre pour écrire les discours et jouer les personnages, ce qui garantit à chaque représentation sa propre singularité. « C’est du spectacle vivant », précise Benjamin Perrot, « nous sommes en lien direct avec le présent et la création. » La codification est en effet moins balisée que sur une partition de Beethoven et invite à l’improvisation. Il a fait du théorbe son double instrumental.

Elle-aussi entourée par une famille passionnée par l’histoire et la musique ancienne - un père facteur de flûtes à bec – Florence Bolton a rapidement opté avec une sorte d’évidence pour la viole à gambe. Au Conservatoire, « on me prenait pour une violoncelliste ratée parce que je voulais faire de la viole ! »  L’ambiance y est concurrentielle, la technique domine. Mais c’est son cœur qui prend le dessus : « Il y a une sorte de fil rouge jusqu’à notre époque, du 16e siècle jusqu’à Sting, le schéma d’une chanson reste le même », assure-t-elle, avant de rappeler les clavecins des Beatles, les balades de Simon & Garfunkel ou le mouvement de folk baroque des années 60 aux États-Unis...

Grâce à la musicologie impulsée par Romain Rolland, ces instruments oubliés – qui se souvient du flageolet qui résonnait encore dans les tranchées de la Première Guerre mondiale ? - ont réapparu, accompagnés de l’incontournable interrogation sur la façon d’en jouer. Les premiers disques consacrés à la musique baroque, parus dans les années 1960, portaient l’inscription « instruments authentiques ». Aujourd’hui, on utilise de préférence l’expression moins présomptueuse d’album « historiquement informé ».

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