JiSun lit Beaugency

Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans CULTURE

Steps (Sous le pont), JiSun LEE, 2018, photographie numérique Son doigt comme une caresse du paysage, comme un personnage déambulant dans le territoire. JiSun Lee s’est baladée dans les rues balgentiennes six semaines en tout, entre novembre 2017 et février 2018. L’association Valimage l’accueille alors en résidence, dans le cadre de sa manifestation « Ardelim », les rencontres des arts de l’image fixe et animée. L’œuvre photographique et vidéo que l’artiste plasticienne a créée sera exposée du 18 mai au 30 juin, à l’espace Agora de Beaugency.

 

Née en Corée du Sud en 1989, JiSun Lee a été formée aux Beaux-arts à Dijon avant de s’installer à Paris il y a 5 ans. Cette artiste multimédia, « touche à tout », comme elle se décrit elle-même – « Je ne me donne pas de limite » - propose par exemple des installations d’images et de vidéos transcendées par la musique. Cette fois, l’appel (à candidature) venait de Beaugency, un territoire à esquisser chaque année depuis six ans.

Vue de la présentation publique #3 (2018.02.09 au théâtre Le Puits-Manu), photo par Valimage

Elle avait justement « envie de faire une résidence », d’une « création à partir d’un lieu ». Arrivée « sans a priori », elle s’arme de son appareil photo et d’un carnet à dessin, qu’elle remplit vite de personnages croisés. « Je n’étais pas à la recherche d’une histoire en particulier mais de faire ma petite vie ici ». Le rythme de la ville s’impose à elle, ses palpitations, ses vibrations, la musique du fleuve, le chant des sternes.

SERIES DE PHOTOS, VIDEOS ET INSTALLATIONS

Autant de «  tremblements à ressentir », qui « se réalisent dans le regard des autres ». Au final, l’exposition révèlera quatre photos 100*70 par caisson, huit caissons sur une rangée (séries « Step », où le doigt de l’artiste pointe un lieu, un moment important, et « Héros et Héroïnes Balgentiens »), une salle de projection où quatre films tourneront en boucle (où les courbes de la Loire épousent les plis de la vie), et une installation nommée « Nous&Vous », où les habitants croqués pendant le séjour sont introduits dans les paysages photographiés).

Héros & Héroïnes Balgentiens (Suivre le chemin doré de feuilles tombées), JiSun LEE, 2018, photo-montage numérique

Les teintes grises prennent le dessus. Elle aime se glisser dans ces noir et blanc, telle un être réel qui dérive dans l’univers fictionnel : « Je suis dans mes œuvres comme une ombre, une silhouette discrète », une observatrice parmi la multitude d’hommes et de femmes, d’enfants, de chats et de mouettes, qu’elle a découpés à la main et intégrés dans ses images numériques.

L'ARTISTE ET LE TERRITOIRE EVOLUENT EN MEME TEMPS

Sa vision de Beaugency, la sensibilité à travers laquelle elle raconte la cité, permet de se « défamiliariser », de redécouvrir un territoire commun dans un regard nouveau. JiSun Lee aussi a changé : elle reconnaît avoir « beaucoup appris dans les démarches, le partage du travail même non fini, les réunions techniques… Nous, les artistes, on est si souvent dans notre cadre, seuls… » Ardelim a donc permis à cette jeune artiste de franchir ses limites en lui demandant de redéfinir celles de Beaugency.

Vue de l’atelier scolaire (2018.04.18 à l’école de Tavers), photo par l’école de Tavers

Elle a grandi dans « un chez moi temporaire », dans ce nouvel espace à habiter puis à quitter, dans ce territoire qui doit lui-aussi se réinventer en permanence.

Image pour vidéo ‘i:n Beaugency’, JiSun LEE, 2018, peinture et montage numérique

Vendredi 15 juin à 20h30, au théâtre Le Puits-Manu à Beaugency : Musical Séquence en première partie, une performance musicale avec projection des vidéos créées par l'artiste durant sa résidence à Beaugency, avec JiSun Lee et MinHee Lee, flûtiste ; suivie d’une discussion entre JiSun Lee et l'écrivain Yannick Leriche autour de son projet artistique. Entrée libre.

http://www.valimage.fr/creation/2017-2018-jisun-lee/

artleejisun.com

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