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Extraits de Carnet de route

Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans CULTURE

Jeudi 10 septembre

© G. Clémentin« Jour le plus effrayant de ma vie. A minuit, il commence à pleuvoir. Ça me réveille tout à fait. Tout à coup crépitement, sifflement de balles. C’est à la tranchée en face de nous. Je fais réveiller tout le monde, mais aussitôt je vois devant moi une ligne de tirailleurs. Je crois que ce sont les compagnies en face de moi qui se replient. Quand elles sont à quinze pas je constate que ce sont les Allemands. Il y en a au moins trois compagnies contre ma section ! [...] C’est alors que je m’aperçus qu’ils nous tournaient encore à droite et que nous allions être pris entre deux feux. Au milieu du bruit, j’eus bien du mal à faire faire face à quelques hommes de ce côté. Ce qui ralentit le mouvement de ceux qui nous tournaient. C’est à ce moment que je pris par la manche un Allemand en lui disant de faire face en avant. Je le prenais pour un Français. Couvret le tua… »

  • Leur Genevoix...

    Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans CULTURE

    • Roger Soulas, de Meung-sur-Loire, retraité de l’Éducation Nationale, médaillé Jeunesse et Sports, ancien conseiller municipal à Huisseau-sur-Mauves, correspondant de presse, passionné de photo.

    En 1967, alors instituteur à l’école de Ménestreau-en-Villette, Roger Soulas remporte un prix en illustrant un texte de Maurice Genevoix sur la Sologne, écrit pour Visages de la France, un recueil d’évocations des régions françaises par des Académiciens.

    « Maurice Genevoix me demande ce qui me ferait plaisir. Je réponds rencontrer le secrétaire perpétuel de l’Académie française ! » Rendez-vous est pris. Roger Soulas a 32 ans, Maurice Genevoix près de 80. « Il m’a reçu longuement. Je l’ai écouté conter la Sologne. J’ai fait des photos… »

  • L’Orléanais Charles Péguy y a laissé sa vie

    Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans CULTURE

    450 écrivains français sont morts pendant la Première Guerre, comme Alain Fournier. Certains juste à la fin, comme Guillaume Apollinaire, emporté par la grippe espagnole en novembre 1918. D’autres ont été blessés, tels Blaise Cendrars, Pierre Drieu la Rochelle ou Maurice Genevoix.

    Le centenaire de la Grande Guerre est donc aussi celui de la mort de l’écrivain Charles Péguy. Né à Orléans le 7 janvier 1873, engagé à gauche, partisan de Dreyfus, lieutenant de réserve, il est mobilisé le 1er août 1914 et affecté au 276e régiment d’infanterie. Le 5 septembre, il monte à l’assaut de Monthyon, près de Meaux, sans soutien d’artillerie. D’après l’ouvrage d’Yves Bourdon, Mon lieutenant Charles Péguy, paru chez Hachette dès 1916, l’Orléanais serait resté debout sous la mitraille alors que ses hommes lui demandaient de s’abriter.

  • Ressources

    Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans CULTURE

    Bibliographie

    • Maurice Genevoix, Ceux de 14, superbement réédité en 2013 chez Flammarion, 25 €. Un chef d’œuvre, augmenté d’un dossier en annexe, établi par Florent Deludet, et de photographies de Genevoix, de ses « camarades du 106 » et du théâtre exact de ces neuf mois de guerre.

    • Préface de Michel Bernard, auteur de Pour Genevoix aux éditions de la Table ronde.

    • Correspondance Maurice Genevoix - Paul Dupuy (28 août 1914 - 25 avril 1915), à La Table Ronde, 24 €.

    • Sous-lieutenant Robert Porchon, Carnet de route, à la Table Ronde, 19,50 €.

    • France-Marie Frémeaux, Écrivains dans la grande guerre, L’Express, 20 €.

    • Jean Norton Cru, Témoins, PU de Nancy.

    • Lire aussi Le maître braconnier de Brinon-sur-Sauldre, dans Les contes braconnés par les bois de Sologne, de Gérard Boutet, 20 €, et Au pays de Maurice Genevoix, entre Loire et Sologne, de Michèle Dassas, 19,50 €, tous deux aux éditions CPE.

  • Ceux de 14 adapté pour France 3

    Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans CULTURE

    A l’occasion de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale, France 3 a proposé une adaptation du livre de Maurice Genevoix, une minisérie de 6 x 52 minutes.

    © G. ClémentinLe téléfilm Ceux de 14 était une sorte de « band of brothers sympathique, braillarde, indisciplinée, parfois avinée et frondeuse, râleuse et drôle. » Le tournage autour de Thierville-sur-Meuse, six semaines passées aux Éparges dans les tranchées, la boue, sur un terrain en pente, froid, avec des chaussures à clous, sac sur le dos, a en effet soudé la troupe !

    « Tous les acteurs, y compris les figurants locaux sont devenus des Poilus », assure Olivier Schatzky, le réalisateur. « Il fallait tirer à la mitrailleuse, ce n’était pas du flan. Il y a eu de la fraternité. Ça a été une expérience pour eux, de plonger, courir, protéger son partenaire… Dans un épisode, on a 25 minutes de combats. Ça prend aux tripes ! On progresse sur le coteau des Éparges dans une action dont les spectateurs ressentent vraiment l’aspect physique. Avec toute cette boue, dans laquelle on est toute la journée, plongés jusqu’aux genoux, c’est presque du Wagner, c’est très puissant. »

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