Réalisation d’écrans étanches sur les digues de Loire

Écrit par Rédaction Terres de Loire.

Jean-Marc Falcone, préfet de la région Centre-Val de Loire, préfet du Loiret et préfet coordonateur du bassin Loire Bretagne, a effectué mardi une visite des travaux du chantier d’écrans étanches du système d’endiguement du val d’Orléans, sur le site de Sigloy.

Divers diagnostics ont mis en évidence des zones de fragilité dans les digues de Loire. Aussi, un important programme de travaux est mené par l’État et les collectivités locales pour fiabiliser les levées protégeant ainsi le val d’Orléans contre les crues de la Loire.

 

Ces travaux consistent en la réalisation, dans le corps de la digue, d’un écran étanche sur un linéaire de 3.2 km environ. Après des réalisations similaires à Guilly (juillet-août 2017) et Saint-Denis-en-Val (septembre-octobre 2017), l’opération de Sigloy est donc la 3e opération de ce type dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme Global de Fiabilisation (PGF) du val d’Orléans.

Cette opération s’inscrit dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature IV pour la période 2015-2020. Elle est co-financée par l’État (12,48 M€), le conseil départemental du Loiret (1,22M€), la Région Centre-Val de Loire (400 000 €), Orléans-Métropole (1,4 M€), les communautés de communes des Loges (93 000 €) et du Val de Sully (8 000 €).

L’Etat est responsable de 560 kilomètres de digues dans le bassin de la Loire dont 150 kilomètres dans le seul département du Loiret. Depuis le 16e siècle, 18 grandes crues de Loire (la première en 1519 et la dernière en 1907) ont mis à l’épreuve la fiabilité des digues domaniales, ce qui représente en moyenne 3 à 4 grandes crues par siècle.

Ces grandes crues ont toujours causé des brèches dans les digues ; on en dénombre environ 350 qui se sont produites lors des 3 grandes crues du XIXème siècle sur 408 kilomètres de fleuve. Si l’absence de grande crue depuis le 20e siècle est singulière, elle ne signifie pas une absence de risque de crue. Et malgré la surveillance et l’entretien menés par les services de l’État, des désordres sont encore constatés actuellement sur les digues.

La levée du val d’Orléans forme un système de protection contre les inondations de la Loire avec une ligne de défense principale de près de 43 kilomètres. Ce système de protection est l’un des trois plus importants du bassin de la Loire en termes d’enjeux humains avec près de 65 000 habitants et 24 830 logements, et d’enjeux économiques avec 1 820 entreprises et 9600 emplois concernés dans le val inondable derrière les digues.

Si ce système d’endiguement a fait l’objet de travaux de confortement, notamment depuis les années 1970, il demeure encore des zones de fragilité structurelles et fonctionnelles mises en évidence par l’étude de dangers des digues domaniales de l’État, finalisée en 2012.

Cette étude de dangers a permis d’apporter une connaissance complète des digues et de leurs points de faiblesse, de préciser le niveau de protection apparent de l’ouvrage et son niveau de sûreté. Elle a démontré que le niveau de sûreté des digues constituant la levée est bien inférieur au niveau de protection apparent. D’où sa préconisation d’engager des travaux priorisés de restauration de ces digues pour augmenter ce niveau de sûreté.

En parallèle, l’étude des vals de l’Orléanais, menée entre 2011 et 2013 en concertation avec les collectivités locales, a permis d’identifier, à partir des ouvrages restaurés, les aménagements à conduire à l’échelle des systèmes de protection de l’Orléanais afin de limiter les atteintes aux enjeux protégés en cas de dépassement de la crête des digues.

Le programme global de fiabilisation (PGF) du système d’endiguement du val d’Orléans, construit par les services de l’État, découle donc de ces deux grandes études. Le programme global de fiabilisation (PGF) représente un montant de 18 M€ d’opérations, dont 16M€ d’opérations qui font l’objet d’un co-financement État – collectivités locales dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature IV (2015-2020), selon une clé de répartition particulièrement avantageuse pour les collectivités locales : 80 % État via le Fonds Barnier (12.48 M€) et 20 % collectivités locales (3.52 M€).

Cette participation de l’État à hauteur de 80 % du financement des travaux souligne son engagement fort pour assurer la protection du val de Loire à long terme. 16 M€ sont consacrés à des opérations indispensables à la fiabilisation du système d’endiguement du val d’Orléans à Guilly, Sigloy, Saint-Denis-en-Val, Saint-Pryvé-Saint-Mesmin ou Jargeau (déversoir).

En 2020, à l’issue de ce programme de travaux, le val d’Orléans disposera d’un système d’endiguement dont la fiabilité évitera la mise en danger des personnes protégées jusqu’à une crue équivalente à celles de la fin du 19e siècle. Par rapport à la situation actuelle, cela représente un gain d’environ 1,1 mètre d’eau à l’échelle principale d’Orléans.

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