Où la voiture vaut toujours mieux que la nature

Écrit par Olivier Rigaud.

La vision apocalyptique du bois de la Comtesse à Saint-Denis-de-l’Hôtel, après le défrichement commandé par le conseil départemental du Loiret, rappelle les images de forêts ravagées par des engins destructeurs à travers la planète. Nous sommes pourtant bien ici en Val de Loire, site classé au Patrimoine Mondial de l’humanité, aujourd’hui.

Il s’agit là de préparer la construction d’une route et d’un nouveau franchissement de Loire, qui permettraient, selon le porteur du projet, le Département, de décongestionner le pont de Jargeau.

 

On a déjà énormément glosé sur l’intérêt ou non de cette idée. Chiffres de fréquentation, sécurité, environnement, économie, tout y passe pour justifier ou remettre en question cette infrastructure supplémentaire en plein Val de Loire. Il est évident cependant qu’un Francilien s’amuserait gentiment de ces quelques légers bouchons qui se forment ici naturellement aux heures de pointe.

Ceux qui en paieront la facture (estimation 2014 à au moins 80 millions d’euros) en rigolent peut-être moins. Bien entendu, en début et en fin de journée, quand les gens partent ou rentrent de leur lieu de travail, la circulation est moins fluide, ici comme à Orléans, sur les ponts Thinat le matin ou de l’Europe en soirée, à Saint-Denis-de-l’Hôtel comme pour traverser Cléry-Saint-André vers 18 heures...

Ces phénomènes entraînent certains inconvénients : du temps perdu et du stress en plus pour chacun, la sécurité des habitants notamment des enfants et des personnes âgées, la pollution engendrée par les moteurs qui tournent au ralenti… Il n’y a ici ni RER ni Métro pour soulager les routes. Faut-il malgré tout répondre par des ponts et des routes supplémentaires partout où l’accumulation de véhicules pose souci ? Le budget départemental devrait alors être fortement revu à la hausse…

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