Des pâtes, des pâtes… oui mais des pâtes de Vitry !

Écrit par Emmanuel Parfait.

A Château-Landon, dans le Gâtinais, Delphine, Cédric et Annabelle, valorisent les produits qu’ils cultivent sur leur Ferme de Fontaine. En 2012, alors que leur père prend sa retraite, Delphine et Cédric, décident avec Annabelle, l’épouse de Cédric, de reprendre l’exploitation familiale. Deux objectifs principaux motivent leur reprise : la convertir en agriculture biologique et valoriser les produits. Cette année-là, la ferme familiale et les terres louées représentent à peine 40 ha, une opportunité d’agrandissement s’offre alors à eux.

« Dix-huit hectares proches de la ferme sont mises en vente par la SAFER (Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural). Nous montons un projet " Pâtes ", c’est-à-dire une proposition pour la mise en place d’une ferme valorisant directement notre production, à savoir la transformation en pâtes, avec également la volonté de produire en bio », explique Annabelle.

Le projet, qui se démarquait certainement des autres, est apprécié par la SAFER et les jeunes agriculteurs sont retenus. L’augmentation de la surface d’exploitation possible, la conversion en bio se font naturellement, notamment pour les terres achetées à la SAFER qui étaient restées longtemps en friche.

Une volonté de valoriser les produits

Une fois le projet validé, Annabelle, salariée d’une entreprise, suit des formations dans le cadre d’une reconversion professionnelle pour devenir exploitante agricole. « Je vais suivre une formation auprès de structures spécialisées ainsi qu’auprès d’agriculteurs qui produisent des pâtes, à Toulouse, en Charente par exemple. Ces rencontres furent d’ailleurs très enrichissantes et formatrices. J’ai beaucoup appris lors de ces rencontres qui ont permis notre lancement », détaille-t-elle.

En 2014, après l’achat de matériel, le couple transforme le garage de son domicile de Vitry-aux-Loges en un laboratoire de fabrication de pâtes. Aménagement qui permet de lancer la première production sur le marché. Pour se distinguer des pâtes industrielles, les producteurs de Vitry ont fait appel à un professionnel pour la réalisation des étiquettes et les pâtes ont toutes un nom spécifique  : la Pâte-en-tube, Seigl’amour, l’Acro-pâte, la Traction, la Mille Pâtes...

« Aujourd’hui, nous avons cinq sortes de pâtes et, depuis 2-3 ans, nous développons des pâtes aux lentilles car nous avons des demandes de pâtes sans gluten. Nous proposons des pâtes au petit épeautre, au seigle, au pois chiche. En fait, je produis deux fois par semaine, à chaque fois environ160 kg. Ce qui correspond environ à une production annuelle de 15 tonnes de pâtes. »

Depuis le lancement de l’activité, la production de la ferme de Fontaine s’est diversifiée et répond à la demande des clients. « Nous avons depuis le début, avec les pâtes, produit des lentilles. Mais aujourd’hui, nous nous diversifions et vendons également, du petit épeautre, du quinoa, des pois cassés, des lentilles Beluga ». Ces dernières, plus communément appelée le caviar des lentilles, sont souvent considérées comme la fine fleur des lentilles (rondes, noires et lisses) apportant une grande teneur en fibres, protéines, vitamines et minéraux.

Situés en Ile de France pour la production et dans le Loiret pour la transformation, les agriculteurs de la ferme de Fontaine distribuent principalement leurs produits dans leur zone géographique. « La distribution se fait principalement dans les magasins bio du Loiret et d’Ile de France, dans des boutiques de ventes de produits à la ferme, dans certaines AMAP, dans certaines épiceries. La restauration collective, notamment le collège de Lorris, certaines écoles, la maison de retraite de Vitry, consacrent une part à l’agriculture biologique. Certains restaurateurs également. Nous travaillons beaucoup avec le GAB (Groupement d’Agriculteurs Bio) d’Ile de France qui achète les produits aux agriculteurs et les revend sur une plateforme dédiée. »

Si Annabelle témoigne que le projet porté par les trois membres de la famille est très chronophage, qu’il ne faut pas compter ses heures, le besoin d’entreprendre est toujours présent et elle ne regrette en aucun cas son choix. Et les amateurs de pâtes et de lentilles bio non plus!

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