"Il faut que l’on retrouve le sens du collectif"

Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans Opinions

Entretien avec Charles Fournier, vice-président au conseil régional Centre - Val de Loire délégué à la Démocratie, aux Initiatives citoyennes, au Développement rural, à la Coopération et à l’Égalité, groupe écologiste. Que vous inspirent les problématiques nées du projet de liaison ferroviaire entre Orléans et Châteauneuf-sur-Loire ?

Nous n’avons pas de responsabilité sur les routes, on se concentre donc sur notre compétence. Si on se mettait à faire de la route, ce sont des moyens qui manqueraient au ferroviaire qui en a tant besoin !

Surendetté, Réseau ferré de France ne peut plus assumer le financement de l’entretien. Entre Chartres et Courtalain, nous avons été obligés de mettre 5 millions sur une compétence qui n’est pas la nôtre. Cette question n’a pas trouvé de solution au niveau national : la taxe poids lourds devait justement soutenir les transports en commun...

Le ferroviaire est pourtant crucial sur les émissions de gaz à effets de serre. On le défend évidemment depuis toujours. La ligne Orléans - Châteauneuf-sur-Loire est extrêmement vertueuse puisqu’elle cible un axe où circulent chaque jour près de 10 000 véhicules. Ce serait un report modal majeur ! Rappelons que 40 millions d’euros ont été fléchés par les Fonds européens de développement économique et régional (FEDER) de par l’intérêt écologique de cette ligne., dans la programmation 2015-2020. Il faut absolument tenir le calendrier sous risque de perdre ce montant.

Le projet en question pose d’ailleurs des questions au-delà de cette ligne : quel regard sur le schéma régional, quelles liaisons, quelles lignes structurantes ? Pour nous, la Région est le bon échelon pour penser les transports, l’aménagement du territoire. Elle est le juste chef de file sur les transports, un enjeu qui doit dépasser les problématiques locales. Le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) donnera justement cette perspective globale, esquissera l’intermodalité qui doit faciliter les transports en région Centre.

Je comprends très bien les gênes qu’un tel réseau peut poser pour les riverains (NDLR : les municipalités d’Orléans et de Saint-Jean-de-Braye ont émis un avis défavorable), mais il faut qu’il y ait débat, que l’on puisse s’expliquer, pour dépasser les clivages. Sur l’éolien par exemple, il y a un  niveau d’acceptation sociale. On ne va pas assez loin, c’est dommage. Il y a pourtant beaucoup de sujets autour du train : améliorer les dessertes, adapter les tarifications, le fonctionnement, pour rendre cette offre plus attractive. La préoccupation des gens, c’est leurs déplacements au quotidien, entre le domicile et le travail, et pas seulement entre les métropoles et l’Ile de France. On ne devrait pas se contenter d’enquêtes publiques même si la loi ne nous y contraint pas.

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