A Cléry, le PLU n’est plus, vive le PLU !

Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans SOCIETE

Des interrogations pouvaient encore peser sur la vision globale qu’a la majorité municipale de Cléry-Saint-André de l’avenir de la commune. Il faut reconnaître que la réunion, proposée le 27 novembre au soir à l’espace Ardoux, a levé partiellement ce doute majeur. Et que la réunion de mi-mandat organisée précédemment eut pris davantage de sens si elle avait suivi celle-ci ! En effet, il s’agissait lundi soir de présenter les grandes orientations du futur plan local d’urbanisme du territoire, avant que cette compétence ne se dilue au sein de l’intercommunalité. La feuille de route esquissée donne davantage de sens à certaines actions municipales en cours.

Preuve de l’intérêt que porte la population locale au devenir de la commune, une soixantaine de personnes s’était déplacée pour découvrir l’étude. Celle-ci débouchera sur une enquête publique menée par un commissaire enquêteur en avril-mai 2018, avant d’être éventuellement amendée et approuvée en juin. Elle devrait être prochainement disponible sur Internet et numérisée sur géo portail, afin que chacun puisse en prendre connaissance.

416 habitants en dix ans

« On a bien travaillé », s’est félicité le premier adjoint chargé de l’urbanisme, Claude Boissay, après une exposition claire de ces projets décisifs pour Cléry. Reste à savoir désormais comment la municipalité inscrira son action dans le cadre qui a été fixé et si elle continuera à associer les différentes sensibilités politiques à ses réflexions, comme elle l’a respectueusement accompli sur ce point. Trois axes principaux synthétisent la prochaine révision du PLU.

Le premier insiste notamment sur la centralité de l’urbanisation, la diversité de l’offre de logements ou le développement économique. La progression démographique mesurée promet une augmentation de 416 habitants en dix ans, pour atteindre une population de 4196 habitants en 2026. 180 logements nouveaux seront nécessaires au total couvrant une surface d’environ 14 hectares, au rythme de 18 logements par an.

L’idée consiste à lutter contre l’étalement urbain, pour préserver les espaces naturels et limiter les coûteuses extensions de réseaux . Trois zones ont été ciblées : dans le bourg, aux Hauts-Bergerets (en deux tranches) et aux Genetières. Pour l’heure, rien ne permet de garantir une véritable mixité sociale dans l’offre de logements envisagée. Comment à la fois contraindre les propriétaires vendeurs des terrains visés à réserver des surfaces suffisamment importantes pour assurer des espaces vert, des zones tampons, des ouvertures paysagères, et, dans le même temps, rendre ces espaces accessibles aux familles, aux primo-accédants ou aux retraités les plus modestes ?

Qualité de vie à préserver

Concernant la réserve foncière de la zone d’activité de la Salle, celle-ci a été judicieusement réduite de 13 à 9 ha pour protéger des espaces humides ou agricoles. Mais il est très compliqué pour l’instant d’envisager précisément son avenir : quelles entreprises ou commerces pourraient s’y installer dans la décennie à venir, surtout dans une démarche intercommunale de développement économique ? Quand l’on sait les difficultés qu’ont pu rencontrer des communes comme Saint-Ay à commercialiser leurs terrains du même type, on sait qu’il y a là une problématique d’ordre général, qui dépasse sans doute les compétences de la commune. Il faudra peut-être savoir se montrer innovant sur le sujet...

Le second axe revient sur la qualité de vie à préserver. Il est heureux d’y retrouver trace des mobilités durables, dites douces, des circuits piétons et vélos. Mais, si des trames vertes sont prévues dans les zones à urbaniser, le lien entre les quartiers n’apparaît pas encore. À suivre, donc.

Quant à la sécurité du centre-bourg, elle est menacée quotidiennement par la circulation qui emprunte notamment la D18. La solution de ce problème est nécessairement liée par la majorité à la réalisation d’un franchissement de Loire à Baule, qui entraînerait la construction d’une déviation de la route de Meung-sur-Loire jusqu’à la zone d’activités. Même si l’on comprend bien les difficultés du financement d’une telle entreprise, pourquoi ne pas insister sur l’urgence de réaliser d’abord cet aménagement routier, sans attendre ce pont - dont ne sait pas quand, ni même d’ailleurs s’il arrivera vraiment un jour ? L’impact qu’une telle déviation pourrait avoir sur le commerce local reste éventuellement à mesurer précisément. Mais il semble évident qu’elle soulagerait grandement les habitants du centre-bourg.

Démocratie locale

Le troisième axe voulait définir, pour mieux la valoriser, une identité de Cléry-Saint-André, une intégration dans le Val de Loire, avec ses paysages et ses atouts touristiques. Ainsi, des angles de vue sur la basilique seront-ils pris en compte. Quant au bâti, de nouvelles contraintes pèseront afin de conserver l’aspect rural du village :« On y tient beaucoup », a confirmé Claude Boissay. L’adjoint au maire est également conscient du défi qu’il faudra relever pour assurer un avenir aux activités agricoles. Cependant, peu d’éléments ont été mis en avant pour expliquer clairement ou rappeler ce qu’était ou ce que devrait être l’identité locale.

En conclusion, le sérieux travail fourni par les élus à l’occasion de cette révision du PLU donne une idée plus précise du visage que Cléry-Saint-André pourrait avoir dans une décennie. Il donne du sens à l’action de la municipalité et fixe un cadre dans lequel chacun aura le loisir d’apporter sa contribution, en particulier lors de l’enquête publique. Reste à la majorité de se montrer à l’écoute des avis divergents et complémentaires qui pourront alors s’exprimer.

Olivier Rigaud

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