Hope for the refugees

Écrit par Rédaction Terres de Loire. Publié dans SOCIETE

Un programme pour l’intégration de réfugiés sur le bassin d’emploi d’Orléans vient d’être lancé : ce dispositif intitulé « Hébergement Orientation Parcours vers l’Emploi », soit HOPE, matérialise l’espoir de onze réfugiés hébergés à Olivet, qui vont pouvoir notamment découvrir un nouveau métier dans divers magasins de l’enseigne Auchan dans l’Agglomération.

Mais, au-delà du travail, essentiel, c’est un parcours républicain qu’ils empruntent.

Après le succès en 2017 du projet expérimental d’insertion de 200 migrants en provenance de Calais, mené en Île de France, les Ministères de l’Intérieur, du Travail et du Logement ainsi que les représentants du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels, de Pôle emploi et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ont signé un accord cadre, le 3 mai dernier, pour mettre en place des offres de parcours de formation professionnelle pour mille réfugiés. Ces réfugiés sont formés par l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) grâce à la mobilisation de plusieurs partenaires.

Sur le département du Loiret, depuis le 22 janvier et jusqu’au 19 octobre 2018, onze personnes ayant le statut de réfugié sont ainsi formées à l’Afpa d’Olivet au métier d’employé commercial en magasin. Le programme de formation, tourné vers l’emploi et l’autonomie, comprend l’apprentissage du français et la découverte d’un métier (400 heures) ; l’apprentissage d’un métier fléché sur les besoins non pourvus des entreprises (450 heures en contrat de professionnalisation, avec un tuteur particulier) ; l’hébergement et la restauration pendant toute la durée du parcours à l’Afpa ; l’accompagnement global sur les plans administratif, social, professionnel, médical et citoyen. Une visite guidée de la ville est ainsi prévue prochainement et des parrainages du Lion’s sont envisagés.

Ce programme permet de sécuriser non seulement les parcours professionnels mais également les parcours de vie. Cette approche innovante garantit, en plus de l’insertion professionnelle, une intégration réussie. Par exemple, la nécessité de se rendre au travail - à des horaires parfois très matinaux puisqu’on embauche souvent dès 4 heures du matin dans la grande distribution -, de se déplacer le plus souvent à vélo, a entraîné une formation complémentaire en sécurité routière.

L’OFII pour sa part a réalisé, en collaboration avec les opérateurs de l’hébergement des demandeurs d’asile, le recensement des personnes susceptibles de bénéficier du projet en fonction notamment de leur niveau de français. Les 11 personnes retenues pour intégrer l’Afpa Olivet sont des hommes âgés de 20 à 30 ans. Six sont originaires d’Afghanistan, quatre du Soudan et un de Syrie. Six étaient précédemment hébergés dans le Loiret, dans les centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) de Pithiviers, Montargis, et Ingré.

Un d’entre eux vient du programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile de Saint-Jean-de-Braye. Les quatre autres sont issus des CADA ou CAO de Vierzon (18), Salbris (41), Blois (41) et Nogent-le-Rotrou (28). La plupart est arrivée sur le territoire français en 2016, quatre ont obtenu le statut de réfugié et sept le bénéfice de la protection subsidiaire.

Deux expérimentations ont donc déjà été menées en 2017 en Ile-de-France et en Hauts-de-France. Les résultats étaient très positifs : 71% des personnes ont obtenu une certification et 62% étaient en emploi dès la fin de la formation. Depuis octobre 2017, 496 personnes sont entrées en formation dans douze régions. Les autres entrées se feront au premier trimestre 2018. C’est donc une approche globale de l’intégration en France que ce programme promeut en mettant l’emploi et l’accompagnement au cœur de sa démarche.


 

Jahangir (photo ci-dessus), un Afghan de 24 ans rappelle que son pays vit en guerre « depuis 40 ou 45 ans : tout le monde est fatigué ! » Ici, « on nous a donné à manger, on nous a prêtés des lits… En Iran, on était moins bien accueillis ». Sa femme et son fils sont restés au Pakistan. Il espère qu’ils pourront bientôt le rejoindre dans le Loiret. Ou dans une autre région, qu’importe, pourvu que ce soit en France. Samiullah, étudiant afghan de 23 ans, trouve également qu’ici « tout le monde est gentil avec les réfugiés. Quand je m’imaginais en France, je craignais ne connaître et ne parler à personne mais, en fait, tout le monde nous aide ! »

« La France c’est comme mon pays », lance un de ses camarades : « Tu peux trouver du travail, si tu fais du bien, tu t’en sors ! » « Liberté, égalité ! », ajoute un autre ! Il y aussi la « fraternité », rappelle Nathalie Costenoble, sous-préfet en charge de la politique de la ville, de l’emploi et des affaires économiques, et la « laïcité » ! S’ils sont tous musulmans, qu’ils pratiquent chacun à sa manière dans les chambres ou à la mosquée, ils apprécient : « Moi je pense que la laïcité c’est mieux pour toutes les religions », juge Samiullah.

Riad, 27 ans, mécanicien Soudanais, a dû fuir la Lybie où il s’était installé. Mohammed, 21 ans, chauffeur et serveur dans une ville près d4alep, en Syrie, a été chassé par les combats. Ils ont traversé le Pakistan, l’Iran, la Turquie, la Grèce ou l’Autriche… Tous ont voulu venir en France. Tous voient ici d’infinies possibilités qu’ils ont moins perçues dans d’autres pays comme en Allemagne ou en Suède. Les témoignages de leurs amis installés ici ou là en Europe abondent. Tous ont trouvé ce dont ils rêvaient et sont décidés à travailler et à rester en France.


 

Avec plus de 160 000 personnes formées en 2016, dont 100 000 demandeurs d’emploi, et 60 000 salariés, l’Afpa est un opérateur majeur de la formation professionnelle en Europe. Epic depuis le 1er janvier 2017 et membre du service public de l’emploi, elle accompagne les demandeurs d’emploi et les salariés, depuis plus de 65 ans, de la formation à l’emploi : insertion, reconversion, professionnalisation.

Acteur majeur de l’alternance et des transitions professionnelles, l’Afpa est aussi le partenaire formation et conseil de plus de 6 000 entreprises. Elle est également le 1er organisme de formation des personnes en situation de handicap.

www.afpa.fr

Le rôle de Pôle emploi

Dans le cadre de la déclinaison départementale, du programme nationale HOPE, Pôle emploi s’est fortement mobilisé aux côtés des autres partenaires pour mettre en place un dispositif facilitant l’accès à la formation et à l’emploi des personnes réfugiées.

A ce titre, Pôle emploi a participé à la réunion d’information collective, et, à l’issue de celle-ci, a réalisé les entretiens individuels des participants pour confirmer la viabilité du projet et prioriser les choix. Les engagements de l’établissement dans ce programme revêtent également un aspect financier.

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