Un laboratoire régional des initiatives locales - Continuités écologiques et d’idées

Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans SOCIETE

 

Les ateliers qui ont suivi plongeaient les acteurs conviés dans le bain du réseau, au défi de la confrontation à travers des thèmes précis : « Quand la culture s’invente hors les murs pour aller au plus près des publics » ; « L’alimentation, une solidarité renouvelée entre villes et campagnes » ; ou encore « Les continuités écologiques en pratique ».

Cet atelier rappelait justement l’impact de l’activité humaine qui entraîne des ruptures dans la continuité écologique. Comment reconstituer, retisser ces continuités qui ne sont pas toujours la préoccupation principale des aménageurs ? Céline Tanguay, architecte-paysagiste à l’Agence d’urbanisme de la Métropole de Tours, a illustré la prise en compte des données dans l’urbanisation. Rappelant que c’est le Grenelle de l’environnement qui a convaincu les politiques d’intégrer cette notion dans les projets de développements urbains, elle a rappelé qu’il s’agissait « au préalable, d'investir le champ de la connaissance du socle agro-naturel et des différents plan locaux d’urbanisme de la métropole.

Tours avait tout de même l’objectif de 34 000 nouveaux logements d’ici 2030. » Différentes zones ont été identifiées comme portant atteinte aux continuités écologiques, notamment la coulée verte des Fondettes qui a notamment pour vertu de capter les eaux du plateau et de les envoyer vers la Loire. Il a été décidé de réaliser 70% du projet de parc logements en renouvellement urbain et 30% en extension, de façon à minimiser les déplacements. La surface concernée a été réduite de 1 200 à 800 hectares et des fenêtres de vues sur les coteaux du Cher ont été intégrées aux nouveaux quartiers pour mieux insérer les populations « dans le grand paysage ».

Autre témoignage de ces efforts accomplis sur les territoires pour assurer une continuité écologique, le projet « Jardinons nos villages » en Vendômois a permis de valoriser et restaurer des haies traditionnelles en bordure d’un nouveau lotissement. Le chantier participatif a impliqué les habitants, ce qui paraît être la meilleure façon de garantir un entretien de la haie sur le long terme, en cette période de raréfaction des moyens budgétaires…

Certains participants se sont alors interrogés sur les espèces animales avec lesquelles les riverains devront cohabiter : serpents, grenouilles, araignées… Mais aussi, plus profondément, sur le sens réel de ces initiatives : veut-on protéger la vie sauvage ou créer du parc de loisirs ? La biodiversité, ont regretté certains, n’est pas encore transversale, transdisciplinaires… Il est rare par exemple de prévoir des nichoirs pour compenser l’installation d’équipements anti pigeons ou hirondelles.

D’où la nécessité de réunir les acteurs autour de la table ! Une approche trop circulaire pourrait nuire, avertit une conseillère en développement, qui pointe l’absence d’une vision du territoire et un déficit dans le pilotage des échanges. N’est-ce pas cependant le propre d’une démarche collaborative et horizontale de laisser un sens surgir au fur et à mesure des débats ? D’écrire le récit au fil de la plume ?

Pour que ce réseau ne demeure pas une belle expérience sans lendemain, la région devra veiller en revanche à réaliser et fournir une réelle restitution des échanges, ainsi qu'une banque de données et un référencement des expériences. Pour aller au-delà de la satisfaction apportée à Bruxelles. Il faudra l’animer pour que les initiatives continuent à dynamiser les territoires urbains et ruraux de la région Centre – Val de Loire. « La responsabilité n’est pas qu’ailleurs », avait introduit François Bonneau. En effet, elle est partagée, elle est mise en réseau.

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